Un citoyen attaque un policier en justice après avoir refusé ses pots de vin à plusieurs reprises

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C’est avec courage et détermination que Adel Fachlem franchit l’entrée du tribunal de Bab Bnet. Arrivé devant un parterre de journalistes, il prend la pause en faisant le signe de la victoire, avant de se diriger vers la salle d’audience. Un procès crucial est sur le point de débuter, celui qui l’oppose à un agent de la police qui n’a pas voulu accepter ses pots de vin, à trois reprises…

« Les pots de vin ont été crées pour être reversés aux agents de l’état. Un policier qui ne veut pas être soudoyé n’a pas de vrai utilité au sein de la société, » nous a confié ce citoyen consciencieux et averti quelques minutes avant le début du procès.

C’est en rentrant en voiture complétement ivre un soir de novembre qu’il fut arrêté par un agent de la circulation. Ce dernier lui demanda ses papiers. Calmement, Adel Fachlem lui tendit tous les documents nécessaires en prenant le soin de glisser un billet de trente dinars entre les papiers présentés au policier. Offusqué, l’agent de police refusa catégoriquement et laissa le citoyen rentrer chez lui. Trois jours plus tard, la même scène se répéta. Cette fois ci, Adel Fahchlem insiste. Il a du être transféré au poste de police de son quartier où il a passé la nuit en garde à vue.

Le lendemain, confus, le citoyen retourna au poste de police et demanda à voir l’agent qui a refusé ses pots de vin. Lors de cette rencontre, Adel Fachlem proposa une grosse somme d’argent au représentant de la loi qui est resté sans voix. Après des heures de confrontation, le policier ne comprenait toujours pas l’insistance du citoyen. La situation a failli dégénérer lorsque ce dernier lui demanda de le tabasser: « Frappe moi! Casse moi la gueule avec ta matraque! Tabasse moi à mort si tu ne veux pas accepter mon argent! » lui a-t-il crié .

Devant la politesse et le tact du policier, Adel a dû faire appel à la justice. Le représentant de la loi incriminé n’a pas voulu s’exprimer. Une cinquantaine d’avocats a volontairement décidé de prendre la défense du citoyen traumatisé. « Je suis conscient que toute la Tunisie me regarde. Je porte l’espoir de milliers de personnes déçues par les agents de l’ordre. J’irai jusqu’au bout, pour une police corrompue! » confie le plaignant au micro de Masdar Mawthouk, envoyé spécial de LerPesse au tribunal de Bab Bnet.

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