Soulagement général chez les habitants d’El Mourouj 1. La police a finalement réussi à appréhender un individu dangereux qui semait la peur chez tous les résidents du quartier depuis près d’un mois.

« C’est la première fois dans ma carrière que j’ai affaire à ce genre d’individus. Quand nous sommes arrivés à son domicile, il était entrain de brandir une bouteille en plastique au visage de sa femme, « affirme le chef du commissariat d’El Mourouj 1. Fier et déterminé, le policier ajoute : « En Tunisie, obliger ses proches et ses voisins à trier les déchets domestiques est un crime puni par la loi. »

Du coté des voisins, la peur est toujours palpable malgré l’arrestation du criminel. Ezeddine Bou Sabba, habitant du quartier, n’en revient toujours pas : «Il m’a abordé il y a deux jours quand je sortais mes poubelles. Il m’a crié dessus puis a violemment arraché mes sacs-poubelle pour les emmener chez lui…» Traumatisé, M. Bou Sabba ne compte pas en rester là : « On en reparlera devant la justice, il faut mettre un terme à ce genre d’agissements.» Mme Lakhdher, femme au foyer nous témoigne son incompréhension : «Nous sommes voisins depuis huit ans. Je peux vous assurer qu’il avait un comportement totalement normal. Personne ne s’attendait à un tel changement.» Les larmes aux yeux, la voisine insiste pour rendre hommage aux forces de l’ordre :« Je tiens à remercier la police qui est intervenue au bon moment. Ça ne pouvait plus durer! Mes enfants n’en dormaient plus la nuit. »

Notre journaliste, Massder Maouthouk a rencontré la femme de l’individu le plus dangereux de la banlieue sud de Tunis. D’après cette dernière, son mari est « un entrepreneur dynamique », « un homme totalement ordinaire ». La dame, encore sous le choc, n’arrive pas à comprendre les raisons de sa déchéance. »Une vraie descente aux enfers. Je crois que tout a commencé après un voyage d’affaires en Suède. Il avait ramené avec lui des centaines de sacs-poubelles bleus dans lesquels il m’obligeait à jeter les déchets non organiques. C’était horrible… » Après avoir repris ses esprits, la dame, dépitée, poursuit : « Il était devenu obsédé par l’écologie et la sauvegarde de l’environnement. Il sermonnait tous les habitants du quartier, petits et grands. Il récupérait toutes les poubelles des voisins et faisait le tri des déchets à la maison. Il me parlait sans cesse d’animaux en voie d’extinction, de gaz à effet de serre, de permaculture… Il  a même commencé à se rendre à des réunions de Afeq Tounes. »

Aujourd’hui suivie par une dizaine de spécialistes,  la jeune femme a entamé les procédures de divorce. D’autre part, nous venons d’apprendre que les autorités locales comptent faire du cas de Habib.S un exemple pour le reste de la société le procureur général ayant plaidé pour une sentence de prison à perpétuité en attendant le début du procès.

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