REUTTERS- La Commission interministérielle pour la révision du Code de la Route tunisien à rendu ce jeudi 5 décembre 2013 son rapport à la Présidence du Gouvernement. Elle recommande à l’unanimité l’abrogation définitive dudit Code à partir du 1er janvier 2014 en concomitance avec la nouvelle loi des finances.

M. Rabeh Achour, directeur de la branche auto d’une assurance de la place et rapporteur de la Commission, a expliqué à notre envoyé que le mandat initial de la Commission était d’introduire des ajustements au code de la route qui permettraient une plus grande fluidité de la circulation, moins d’accidents de la route et une économie d’énergie subventionnée.

Après avoir examiné le sujet sous tous ses aspects, la Commission, dont les travaux ont duré 14 mois, en est venue à la conclusion que les règles contraignantes de conduite du Code actuel sont extrêmement onéreuses en termes financiers et en vies humaines, outre le fait qu’elles consacrent l’idée entretenue par le régime déchu d’un Etat répressif. « Nos statistiques on révélé par exemple que 12% des automobilistes, essentiellement des femmes de plus de 45 ans, et 3% des motards respectent au moins un feu rouge par jour. Cette minorité d’usagers subit 62% des accidents de la route, ce qui se traduit par des pertes estimées à 0.8% du PIB que les employeurs, les assureurs et les contribuables doivent supporter. Ce type d’attitude prend généralement les usagers normaux par surprise et provoque souvent des drames en outre des bouchons interminables sur les routes ».

M. Achour ajoute que « des 43 radars importés à 300.000 dinars l’unité, il n’en reste que 3 en service et avec des objectifs brouillés», un investissement qui aurait pu servir à la rénovation de 60 écoles rurales. Enfin, M. Achour nous annonça fièrement que l’abrogation du code de la route permettra l’affectation de 6.000 policiers de la circulation à la lutte contre le terrorisme et la criminalité et ce à partir du 1er janvier 2014. Un apport considérable, selon lui, dans un contexte d’état d’urgence.

Hichem, moniteur de conduite à l’auto-école « Formula One » à l’Ariana s’est dit soulagé par cette décision courageuse, quoique tardive. « Il existe un code comportemental précis qui s’est substitué depuis des années au vieux Code de la Route. Lever le bras pour réclamer la priorité ou rouler avec les feux antibrouillard constamment allumés pour aviser les automobilistes lents, sont des pratiques communément admises. Même nos voisins algériens et libyens les comprennent parfaitement. Alors à quoi bon des signaux qui ne font que polluer le paysage ».

C’est également une très bonne nouvelle pour Ali, taxiste de 60 ans, qui est surtout content d’économiser le prix deux visites techniques annuelles correspondant exactement au montant de nouvelle taxe Fakhfakh sur les voitures de plus de 4 chevaux.

Le rapport de la Commission, dont nous avons reçu une copie en exclusivité, indique qu’un panel d’usagers de la route a été consulté et que les avis sont quasiment unanimes en faveur de la suspension du code de la route.

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