Depuis qu’il a pris les rênes de l’état, le gouvernement de Mehdi Jomâa est plus muet qu’une carpe. Tous les experts et autres analystes politiques tunisiens s’accordent pour dire que le silence du gouvernement Jomâa est énigmatique à plusieurs égards. D’abord, relativement aux anciennes compositions gouvernementales, notamment celles de Jebali et Laarayedh, aucun ministre de Mehdi Jomâa n’est apparu sur un plateau télé ou dans une émission radio. De plus, à un moment où les tunisiens ont besoin de se sentir rassurés (face au terrorisme de l’état et à la menace intégriste), ce mutisme participe à renforcer l’incertitude et n’incite guère à l’apaisement. L’équipe de LerPesse n’est pas restée indifférente face à ce mystère. Enquête.

C’est en essayant de pénétrer plusieurs ministères afin d’obtenir les témoignages de quelques hauts responsables que la vérité a commencé à nous parvenir. Les « revenez demain », qui sont sans nul doute la devise numéro un de notre chère administration, le credo qui a toujours guidé la barque vers les tréfonds de la médiocrité humaine, avaient été remplacés par des « dégagez le plancher, nous ne déplacerons pas d’ambulance pour vous abrutis ! » Nous avons également clairement aperçu des *……, bien postés sur les toits des bâtiments avoisinants , et entendu une voix rauque répétant à tue-tête dans un mégaphone la très célèbre chanson des années quatre-vingt « Mouch hatnezel anak abadan ».

Moyennant quelques packs de Berber , nous avons pu obtenir des déclarations convergentes de plusieurs sources assurant la sécurisation des périmètres entourant les bâtiments que nous avons essayé de visiter. Celles-ci nous assurent que des prises d’otages ont lieu actuellement dans plusieurs ministères tunisiens. Dans un total black-out médiatique voulu par les services spécialisés du ministère de l’intérieur, des opérations de négociation avec les ravisseurs sont en cours. Selon nos sources, les prises d’otages durent depuis plus de trois semaines.

Le 1er février dernier, l’ancien ministre des affaires religieuses, Mr Nouredddine Khademi, a profité de la passation de pouvoir au sein de son ministère pour séquestrer Mr Mounir Tlili, actuel ministre des affaires religieuses de Mehdi Jomâa. Le même type d’opérations s’est produit au ministère de l’enseignement supérieur où Mr Ben Salem refuse toujours de libérer Mr Taoufik Jelassi et l’ensemble de son cabinet, pris en otages depuis trois semaines. Au ministère de la Jeunesse, des Sports, de la Femme et de la Famille: Mr Saber Bouatay, nouveau ministre censé remplacer Mme Sihem Badi, ne s’est pas nourri depuis plus de cinq jours.

Tandis que le silence de Mehdi Jomâa perdure, la brigade anti-terroriste continue à négocier avec les anciens ministres qui semblent ne pas vouloir quitter leurs postes. Les responsables du ministère de l’intérieur tiennent à tirer les leçons de « l’opération Raoued ». Il s’agit pour nos valeureux guerriers d’en finir avec le moins de dégâts possibles. Une mission des plus délicates surtout quand on apprend que certains ministres sont armés et déterminés à en découdre. C’est notamment le cas de Mr Slim Ben Hmidene qui a déjà exécuté deux de ses otages.

*le mot sniper ayant été retiré du vocabulaire autorisé en Tunisie, nous n’avons pas pu trouver de termes le remplaçant. Nous vous prions de nous en excuser.

La Rédaction.

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