L’obtention du visa français pour les tunisiens est réputé comme étant un véritable parcours du combattant. La procédure est extrêmement exigeante et beaucoup de citoyens tunisiens se voient signifier à leur grand dam une fin de non recevoir, le dernier à en faire les frais n’est autre que Son Excellence l’ambassadeur de France en Tunisie Mr Olivier Poivre d’Arvor.

En effet, Son Excellence l’ambassadeur comptait se rendre en France pour les fêtes de fin d’année, répondant à l’invitation des amis et de la famille immigrés de longue date en France. C’est donc tout naturellement qu’il s’est présenté au siège de TLS Contact au lac de Tunis afin d’accomplir les procédures de demande de visa.

A cet effet, Son Excellence OPDA avait ramené tout ce qui était indiqué sur le site du consulat :

– Les 47 dernières fiches de paie;
– Les 15 dernières déclarations trimestrielles du CNSS;
– 3 actes de naissance en français et en arabe, légalisés, photocopiés, copie conforme, traduits et certifiés par le ministère des affaires étrangères;
– Tous les diplômes depuis la maternelle (notamment les 14 bons points récoltés grâce à son travail assidu en CE1), photocopiés, légalisés, traduits, certifiés;
– Les certificats d’hébergement de 5 amis en France accompagnés de leurs fiches de paie, leur déclaration d’impôt, leurs factures d’eau et d’électricité, et leurs pièces d’identité ainsi que celle de leur famille;
– Ses password FB, Whatsapp, Twitter, Viber, Skype, Instagram et copains d’avant;
– Une preuve de rémunération en Tunisie, ainsi qu’un compte bloqué de 50 000 dt;
– Une preuve de ressources en France;
– Et toutes les autres pièces demandées, tel que le certificat d’étude de son grand-père, une radio thoracique récente de sa mère, un échantillon d’urine de son père, un poil de pubis de sa sœur, conformément à la législation en vigueur.

C’est donc l’esprit guilleret que l’ambassadeur s’est acquitté des 3000 euros demandés pour le visa à titre de frais de dossier. Mais quelle ne fut sa surprise lorsque l’ambassade lui répondit 68 jours (ouvrés) plus tard que sa demande de visa était refusée. Seule explication apportée par les services consulaires : possibilité de collusion avec des groupes terroristes.

Médusé, son Excellence l’Ambassadeur se voit ainsi obligé d’apporter la preuve qu’il ne fait pas parti d’une organisation terroriste pour espérer fouler le sol français.

Outré, OPDA ne comprend pas cette rigidité et cet excès de zèle de l’administration consulaire : « c’est vrai que j’ai partagé des photos en train de manger du Leblebi, ou du makroudh mais de là à conclure que j’ai fait allégeance à Baghdadi, c’est un peu fort quand même ! » Un recours gracieux vient d’être formulé auprès des autorités compétentes pour contester la décision de refus. En attendant, l’ambassadeur qui a dû faire une croix sur les fêtes de fin d’année à Belleville dans sa famille tunisienne ronge son frein. « Il ne manquerait plus que je fasse un mariage blanc avec la cousine d’un ami, ou que je me mette à draguer les sculpturales octogénaires allemandes du Club Med, pour enfin obtenir ce visa qui se refuse à moi ! » nous a-t-il confié désabusé.

Toute la rédaction de Lerpesse fait part de son soutien moral à Son Excellence, et lui souhaite bien du courage pour venir à bout de son calvaire administratif.

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