Au lendemain des élections, force est d’avouer que le bilan n’est pas reluisant. Cependant, tout n’est pas à jeter puisque la communauté des donneurs de leçons a encore fait honneur à son statut grâce à une activité de tous les instants. En effet, bien mobilisés et forts d’une belle activité dans leur milieu naturel (les réseaux sociaux), les donneurs de leçons n’ont pas ménagé leur efforts, multipliant les statuts incendiaires à l’attention des traites à la nation qui ne se sont pas présentés aux urnes. Injures et réflexions paternalistes dans la plus pure tradition des moralisateurs de la première heure ont fusé de la part de ceux qui, à juste titre, n’ont rien à se reprocher.

D’ailleurs, ce collectif de sincères patriotes ne s’est pas contenté de haranguer les ignobles abstentionnistes, puisqu’il a réservé quelques flèches bien-pensantes à l’autre type de sous-citoyens : ceux qui ont voté pour un candidat différent. Là encore, les noms d’oiseaux pleuvent à l’endroit de ceux qui, la faute à un choix désinvolte, risquent de propulser le pays dans le précipice, alors que les gardiens du temple de la bienséance n’ont pourtant pas lésiné sur les statuts autres et messages Facebook, avec le numéro du bon candidat bien en évidence, suivi d’un “please” résumant à lui seul le savoir-vivre de cette congrégation bien plus civique que la plèbe qu’elle entend malgré tout guider à bon port.

Malgré la déconvenue, tout ne semble pas perdu puisque des sources dignes de foi évoquent l’hypothèse d’une mesure choc en vue des législatives : la confiscation des voix des abstentionnistes en faveur des donneurs de leçons, certainement plus à même d’en faire un meilleur usage. Quant aux présidentielles, les fiers représentants du Camp du Bien auront cinq longues années pour marteler à qui veut bien les entendre qu’un vote utile nous aurait évité cette débâcle, et que c’est à cause des autres que “lebled mchet”, tout en pleurant leur Tunisie avec des larmes de sang.

La redaction

Réagir

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.