« Les Tunisiens voulaient une aide logistique ; ils ne seront pas déçus. » C’est par ces mots que Barack Obama a entamé la conférence de presse dans laquelle il annonçait une aide exceptionnelle des États Unis d’Amérique à la Tunisie.

En effet, l’armée tunisienne, qui lutte depuis trois ans contre des poches de résistance terroristes dans le gouvernorat de Kasserine (centre-ouest), demandait depuis plusieurs mois à ses alliés d’arrêter les beaux discours et d’apporter une aide concrète pour mettre définitivement fin à la menace d’AQMI dans le pays. « On a tout essayé : les bombes, le lance-flammes, le napalm, le zyklon B, rien n’y fait. Ces bâtards s’accrochent comme des sangsues et on a l’impression que, plus on en tue, plus ils sont nombreux », nous explique Mohsen M., colonel de l’armée tunisienne responsable du ratissage dans les montagnes de Kasserine.

Les États unis vont donc, à titre exceptionnel, prêter Justin Bieber pour un concert de trois heures au mont Chaambi, qui devrait avoir lieu courant juin.

La réponse peut paraître démesurée au regard du danger encore très relatif que représentent les terroristes d’AQMI, mais le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, l’approuve sans réserve. « Je vous l’avais dit : la guerre sera totale et sans merci ! », nous lâche le chef de l’État, en réajustant son dentier entre deux quintes de toux.

Quid des répercussions néfastes éventuelles d’une telle initiative sur la faune et la flore du mont Chaambi – qui est, rappelons-le, une réserve naturelle protégée ? « Pour l’avenir même de nos enfants, nous acceptons de renoncer à certaines espèces en voie de disparition », concède Mohsen. M.

Nous avons par ailleurs appris que l’armée tunisienne se préparait à évacuer la population du gouvernorat de Kasserine, ainsi que des gouvernorats limitrophes sur un rayon de 500 km, afin d’éviter des victimes civiles collatérales. Les soldats, quant à eux,suivent un programme de résistance : ils écoutent dix minutes de morceaux de Justin Bieber par jour afin de se préparer à la torture qui les attend.Beaucoup ont déjà craqué, toutefois ; certains se sont faits sauter sur des mines anti-personnel, d’autres se sont immolés par le feu. Ces pertes, loin d’inquiéter les responsables tunisiens, ne font que confirmer l’efficacité de l’arme choisie.

« Et si ça ne marchait pas ? », a-t-on demandé au colonel Mohsen. « Nous aurions alors recours à une arme qui va à l’encontre de toutes les conventions signées par la Tunisie en matière de droits de l’Homme et des conventions de Genève : une situation aussi grave nous contraindrait à organiser un concert d’Emel Methlouthi », nous a répondu l’officier.

Le message est donc fort et il devrait signer la fin d’AQMI et de Daech en Afrique du Nord.

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