Dans le cadre de la loi de finance qui vise à rééquilibrer le budget de l’État dans le but de pouvoir recruter ce qui reste d’adhérents aux partis membres de la coalition gouvernementale, une taxe révolutionnaire a été proposée. En effet, le bloc Afek Tounes, précurseur comme à l’accoutumé, a proposé le système suivant :

– 10 millimes pour chaque message entre 8h et 17h du lundi au vendredi, majorés de 5 millimes si le texte contient une faute de grammaire, de conjugaison ou de syntaxe.

– 5 millimes pour chaque message entre 17h et 8h et le week-end, majorés de 3 millimes en cas de fautes.

– Si l’utilisateur dépasse 1000 messages par mois, les montants précédents augmentent de 2,5 millimes pour chaque message.

– Les taxes seront collectées directement auprès des opérateurs téléphoniques qui se chargeront de transmettre le coût engendré sur les factures de leurs clients.

Selon le porte-parole du parti Afek Tounes, ce système permettra de tirer profit de l’attrait des tunisiens pour les réseaux sociaux, d’améliorer le niveau général en langues (particulièrement pour les jeunes), de baisser la consommation d’énergie électrique et d’augmenter la productivité pendant les horaires de travail. Le bloc Front Populaire à l’ARP conteste le projet de loi qui « ne fait pas de distinction selon les revenus des contribuables » d’après M. Mongi Rahoui. Le parti d’extrême gauche souhaiterait amender cette proposition en y intégrant des barèmes selon les revenus. Ils sont même prêts à aller plus loin : Taxer statuts, selfies et vidéos inutiles. L’inutilité des publications sera étudiée par un comité, nommé « comité spécial de l’utilité des publications », qui sera désigné par les opérateurs Internet et Abdelaziz Belkhodja.

D’après les calculs de l’expert économique Moez Joudi, l’État pourrait engendrer plus de 10 Milliards de Dinars par an grâce à cette taxe. Il propose par ailleurs  qu’une partie de ces fonds soit attribuée à la formation des adultes en langue afin de ne pas créer un système pervers où les moins éduqués soient les plus taxés. M. Joudi a insisté aussi sur le fait de devoir s’assurer que cette activité ne passe pas par des marchés parallèles. En effet, il serait assez facile de commercialiser à faible prix des comptes Facebook ouverts à l’étranger ou encore dans des paradis fiscaux.

Les représentants des opérateurs téléphoniques n’ont pas manqué d’exprimer leur inquiétude dans un communiqué paru ce matin. Ils affirment que cette taxe aura pour effet de ralentir leur chiffre d’affaires et représentera donc un danger pour les milliers de personnes qu’ils emploient. Ils préconisent à la place de taxer les bisous sur les mains ou le front de Béji Caïd Essebsi, les prières dans les mosquées, ou encore les sandwichs Kafteji et les ojjas merguez.

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