Libye: la blague du terrorisme

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Photo sans retouches.

Selon un sondage réalisé par « Sigma conseils » en février 2014, la fréquence des blagues tunisiennes sur les libyens est en forte baisse depuis la mort de Mouamar Kadhafi (57 nouvelles blagues/mois en 2009 contre 4/mois en 2014). Une nouvelle relayée par tous les médias et accueillie avec le plus grand enthousiasme chez nos frères libyens, en témoigne les milliers de personnes qui ont exprimé leur joie à Tripoli et Benghazi tout au long de la nuit dernière. Ils peuvent être fiers, un des objectifs de leur révolution étant atteint. Reportage de notre envoyé spécial en Libye.

Place Tarek Taieb, Tripoli, il est 2h du matin. La ville est en fête! « C’est du domaine de la justice divine », nous assure Jomaa Moussa, habitant de Tripoli et activiste au sein de l’association « Niqab pour toutes ». « Les tunisiens se sont défoulés sur nous sans raison pendant plus de cinquante ans. En fait, les blagues sur les libyens étaient utilisées par le régime comme une soupape pour le peuple tunisien, au même titre que le football et les jeux de cartes dans les cafés. Avec l’avènement de la démocratie, une baisse historique du nombre de blagues des tunisiens sur les citoyens libyens a été observée. Une victoire pour tous les lybiens. » conclut le jeune homme, tout ému. Jomaa Taoufik, membre de la milice armée « C & C » (Charia et Contrebande) nous confie: « il était impératif pour nous de réagir, les tunisiens devenaient de plus en plus créatifs et méchants. Dès que Kadhafi est tombé, il y a eu des milliers de manifestations un peu partout dans le pays réclamant un arrêt immédiat des blagues tunisiennes sur les libyens. Malheureusement, les médias n’ont pas suivi. Nous avons alors compris que seule la peur pouvait stopper leur redoutable escalade d’humour. »

Jomaa Ben Abdellatif, haut cadre au ministère de la défense, était présent pour participer à la liesse populaire: « La fréquence des blagues sur les libyens n’aurait jamais baissé sans la collaboration, certes inédite, entre la société civile et les services de renseignements. Il fallait terroriser les tunisiens! Leur foutre la trouille à ces co****rds sans cœur! »

A ses cotés, Jomaa Salem, chargé de mission auprès du ministère de l’intérieur Libyen, nous confie, sourire aux lèvres: « Nous nous sommes tellement marrés en créant nos milices armées, on imaginait déjà la gueule des tunisiens! Hahahahahaha, je me rappelle encore de la dernière attaque contre le poste Frontalier de Mkissem, je me suis pissé dessus lors de l’opération tellement j’a rigolé!  Sans parler de l’enlèvement des diplomates tunisiens! Une bonne tranche de franche rigolade! » Le bonhomme éclate de rire puis prend un air sérieux: « bon le problème maintenant, c’est que ces milices ne sont plus gérables. »

La collaboration fructueuse entre l’Etat et la société civile libyenne a permis d’atteindre un des buts les plus importants de la révolution libyenne. Les milices extrémistes armées ont définitivement gelé le sang des tunisiens qui préfèrent aujourd’hui rire de leur propre actualité et de leur scène politique à fort potentiel comique. La diminution des blagues tunisiennes sur les libyens atteinte, place maintenant à la construction d’un état, si les milices veulent bien collaborer…

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