Les verbes du troisième groupe premières victimes de violence conjugale

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L’intuition pourrait laisser croire que ce sont les femmes issues des couches sociales défavorisées ou de milieux n’ayant pas accès à l’éducation qui sont les premières victimes de violence conjugale ; or il s’avère que ce sont les verbes du troisième groupe qui sont en pole-position. C’est ce que nous avons pu constater lors du « sit-in contre le mauvais traitement » organisé par l’association Solidarité avec les verbes du troisième groupe devant la mairie de la Marsa.

Les verbes moudre et joindre, yeux au beurre noir et membres plâtrés, n’ont pas manqué d’exprimer leur avis. « Nous sommes ici pour dénoncer tout le monde, hommes et femmes, jeunes et vieux, marsois ou gasserinois ! Personne ne rate une occasion de nous infliger les pires sévices et ce, sans regrets ni remords ! », ont-ils protesté. « Hier, j’ai eu droit à un « je me joints » », a déclaré, abattu, le verbe joindre. Le verbe asseoir, lui, est encore convalescent après avoir subi plusieurs « je m’assoye » sauvages. Quant au verbe prendre, il n’est plus le même depuis cette soirée du 26 juin où il s’est vu asséner un « j’ai prendu » auquel il ne s’attendait absolument pas.

Très actif lors de ce rassemblement, le verbe mordre, au bord des larmes, s’est confié à notre journaliste en ces termes : « Hier encore, un docteur en sociologie m’a violé quatre fois avant de me laisser pour mort dans un salon de thé. Il est urgent de sensibiliser la société à ce phénomène, qui prend de l’ampleur jour après jour ».

Le collectif Solidarité avec les verbes du troisième groupe ne compte pas s’arrêter là. Devant la banalisation de la violence envers les minorités verbales, l’association envisage de présenter à l’assemblée représentative du peuple un projet de loi visant à limiter à dix mètres la distance entre les Tunisiens et les verbes du troisième groupe.

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