Les 33 disparus de Remada retrouvés dans une agence de la CNAM

0
4736

C’est aux premières heures de la matinée que l’information est tombée : les 33 disparus de Remada ont été retrouvés sains et saufs.

Heureuse découverte

Jeudi matin, alors qu’elle s’avançait vers le guichet n°3 de l’agence de la CNAM de Tataouine où elle était venue pour se faire rembourser des soins de pédicure, une jeune citoyenne a soudain reconnu, parmi les personnes présentes, les disparus de Remada. N’écoutant que son patriotisme, elle a immédiatement alerté les forces de l’ordre, en twittant un selfie de ses orteils en éventail avec les individus recherchés en arrière-plan.

Sans perdre de temps, les agents de la garde nationale sont arrivés sur les lieux dans les 48 heures afin d’identifier les personnes concernées. Vérification faite, il s’agissait bel et bien des trente-trois individus dont la disparition a défrayé la chronique plusieurs jours durant.

Alors que les spéculations allaient bon train, les envoyant tour à tour en Libye et en Syrie dans le dessein de prêter main forte à Daech, la vérité s’est encore une fois révélée être ailleurs.

Aspirés dans une faille spatio-administrative

Voulant se faire rembourser une pommade ayant servi dans le traitement d’un herpès (buccal), l’un des jeunes disparus s’est naturellement dirigé vers l’agence de la CNAM la plus proche. Au vu de la kyrielle de formulaires à remplir (entre autres, les formulaires 352/56_A, 404_B, 48-52 decies et 69 quater), notre jeune ami a réalisé qu’il était loin d’être sorti de l’auberge et a décidé d’appeler ses trente-deux camarades pour leur demander de venir lui tenir compagnie durant son périple administratif. Comme prévu, ceux-ci ont répondu présent et ont débarqué avec matériel de camping et nourriture, plus une clé 3G pour garder le contact avec le monde extérieur.

Une solidarité à toute épreuve

En plusieurs semaines passées sur place, la bande de joyeux drilles a pu tisser des liens forts avec les fonctionnaires de l’agence. Dans une ambiance des plus rafraîchissantes, tout le monde s’appelle désormais par son prénom. La bise est également de rigueur entre employés et administrés au début et à la fin de chaque service – preuve, s’il en est, de la réconciliation entre l’administration et les citoyens.

De même, si les rapports avec l’administration sont au beau fixe, les relations entre administrés ne le sont pas moins. En témoignent les fréquentes scènes de solidarité qui les voient s’inviter mutuellement à partager les repas, et à se serrer les coudes dans cette épreuve difficile. Sans oublier le respect particulier qui est en toute occasion accordé aux « anciens » présents sur place, notamment Naceur el Bedoui*, et Adnen Chaouachi**.

La rédaction

*: Dirigeant du CSS en pleine dépression depuis le but d’Aboutrika en 2007.
**: Complètement effondré après avoir écouté l’une de ses chansons.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here