Le syndicat de police dénonce la réduction du budget torture pour l’année 2016

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La loi de finances 2016 n’a pas fait que des heureux. Et pour cause, les coupes budgétaires drastiques qui ont touché plusieurs secteurs ne plaisent pas à tout le monde. Un corps a été particulièrement touché : la police.

Sortant d’une année difficile de traque continue des homosexuels et des fumeurs de cannabis, la sûreté tunisienne ne s’attendait pas à un tel coup de poignard dans le dos de la part du ministre de la finance. Lors d’une conférence de presse électrique, le porte-parole du syndicat de police, M. Fareh Achour, s’est fendu d’un pamphlet contre « ces inconscients qui mettent en péril la sécurité du pays », fin de citation.

Devant une cinquantaine de journalistes, le porte-parole ne décolère pas. « Nous avons rencontré le premier ministre et le ministre de l’intérieur, nous avions besoin de plus de moyens, d’un vrai support de la part de l’exécutif, mais rien, absolument rien ». Il poursuit au bord des larmes : « la semaine dernière on a reçu la proposition de loi de finances; avant, on avait droit à plus de 35% du budget alloué à la torture, mais en 2016, nous n’auront droit qu’à 20%. Il n’est pas possible de travailler dans de telles conditions. ».

La police croyait pouvoir être au service du citoyen, une police républicaine, mais l’impression que l’État la laisse tomber est de plus en plus forte, comme en témoigne un sondage Sigma qui précise que 78% des Tunisiens préfèrent une torture qui ne conduit pas à la mort des terroristes contre 22% qui ne se prononcent pas.

Le porte-parole interrompt son intervention et récupère une bouteille d’eau d’une journaliste prise en flagrant délit d’atteinte à la pudeur car en jupe puis poursuit : « L’État ne veut plus payer l’électricité qui sert à torturer les prisonniers, et Amnesty International ne tolère plus les cigarettes éteintes sur leur peau, autant mettre la clé sous la porte dès maintenant ». « Dans un souci de bien-être du torturé, nous lui offrons automatiquement des soins pour qu’il soit présentable devant le juge. Ce sont des centaines et des centaines de médecins que nous payons au prix fort, mais cela ne semble pas intéresser l’État ni préoccuper les citoyens, on est à deux doigts de jeter l’éponge là. ».

Quel avenir pour la torture ?

« Nous sommes malheureusement obligés de revenir à des méthodes un peu plus traditionnelles. Arracher des ongles avec une pince est très économique, faire noyer les suspects dans leur propre pisse plutôt que dans l’eau de robinet, leur mettre un doigt au cul nous même (à la place des médecins), obliger les prisonniers à se battre entre eux au lieu de les frapper nous-même, c’est tant de sacrifices que l’on devra faire pour continuer à servir notre pays dans de bonnes conditions ». Le policier syndicaliste conclut en chantant l’hymne national et fait payer un khammous à tous les journalistes qui ne se sont pas levés, motif : outrage au symbole national. Qui a dit que notre police n’a pas changé ?

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