Le statut FCR* accordé aux médecins spécialistes justifiant de plus de deux ans passés dans les zones intérieures

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Suite aux émeutes de Gasserine et la contagion aux autres régions du pays, le gouvernement a décidé de prendre le taureau par les cornes et a engagé un train de mesures visant à désenclaver ces régions et permettre à leurs habitants d’accéder à la dignité, au travail et à la santé.

Parmi ces mesures nous noterons l’une d’entre elles (surement la plus spectaculaire) : accorder le statut FCR aux médecins spécialistes qui refusaient jusque-là d’aller dans ces régions.

Quid d’une telle décision ? Lerpesse a enquêté pour vous.

Nous nous sommes rendus au siège du ministère de la santé sur la colline de Bab Saadoun, ou nous avons été reçus par M. Harboucha, responsable hôpitaux, cliniques, et douane au sein du cabinet ministériel. « Tout a commencé par une constatation très simple : l’amour, l’obsession, la vénération même que portent les médecins pour les grosses cylindrées. Nous avons décidé d’appuyer sur cette corde sensible pour encourager l’élite de nos médecins à sacrifier deux ans de leur vie dans les régions intérieures de la Tunisie.»

Sachant que la principale revendication des médecins étant le manque d’infrastructures dans ces régions à même de leur permettre d’exercer leur métier décemment, nous avons demandé à M. Jalgha, porte-parole du CNOM (Conseil National de l’Ordre des Médecins), de quelles infrastructures il s’agissait. « Pas un parcours de Golf, pas un restaurant potable (à titre d’exemple Gasserine se situe à 300 km de la Closerie), pas un spa à 200 km à la ronde… Ces conditions ne permettent clairement pas de bien exercer son métier de médecin spécialiste. Nos confrères le répètent souvent : à quoi sert de se faire des couilles en or si on n’a pas d’endroit ou claquer notre argent ? Cette nouvelle mesure fiscale permettra donc de mettre un peu de baume au cœur des médecins si longtemps marginalisés, stigmatisés et insultés. Nous sommes en tant que CNOM favorable à ce type d’initiative.»

Maintenant reste l’épineuse question de définir qu’entend-on par région intérieure et de dessiner la fameuse frontière qui sépare régions intérieures et régions côtières. Même si certaines régions sont clairement exclues (banlieue nord de Tunis, région Ennasser Menazeh), la question se pose pour certains quartiers du grand Tunis : est ce que travailler dans un dispensaire à Zahrouni signifierait l’éligibilité du médecin à cette mesure ? « La couleur de la peau, l’origine régionale, la vulgarité, l’odeur des patients pourraient le justifier selon M. Jalgha.»

Voilà donc les prémices d’un nouveau bras de fer entre médecins et autorité de tutelle dont nous l’espérons sortiront vainqueurs les patients tunisiens, et… les concessionnaires automobiles.

La rédaction

*FCR: exemption de frais de douanes et taxes sur la consommation sur les véhicules automobiles (notamment) lors d’un retour définitif, après un séjour à l’étranger (NDLR)

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