Faisant écho à la campagne citoyenne « مانيش مسامح » qui dénonce la loi dite de réconciliation nationale, le ministère de l’intérieur a fait savoir par un communiqué laconique publié sur Facebook disant uniquement « حتى أنا مانيش مسامح » que lui aussi ne pardonnait pas aux hommes d’affaires corrompus d’avoir ainsi spolié le pays; ou du moins c’est ce qu’ont cru comprendre les internautes ahuris par ce soutien de taille.

Mais quelques heures plus tard, un second communiqué, plus long, est publié pour faire taire les rumeurs : Le ministère de l’intérieur explique en fait qu’il ne pardonne pas aux différents manifestants descendus un certain 14 Janvier d’avoir scandé des slogans de type « Dégage » face à l’établissement même du ministère; qu’il ne pardonne pas non plus de faire passer ses cadres pour des tortionnaires alors qu’ils ne font qu’appliquer leur loi; et qu’il ne pardonne pas enfin qu’un plat tel que بوليس مكتف soit associé à la noble fonction de policier. Il finit par annoncer que « حتى أنا مانيش مسامح » est en fait le nom d’une campagne de sensibilisation du citoyen à la cause de son maître.

Les réactions à cette annonce ont d’abord été mitigées, mais un reportage de Nessma TV sur les djihadistes tunisiens en Syrie, en Irak et sur les îles Canaries a fini par faire basculer la tendance vers le soutien massif à cette campagne.

D’après certaines sources sécuritaires, d’autres campagnes du même type seraient sur le point de surgir. Ainsi, les campagnes « حتى أنا حرقتو بسيڨارو », « ACAB » (All Citizens Are Bastards) ou encore « المواطنين كلاب » devraient voir le jour incessamment sous peu. « اتو تخراولنا فيه », initiative lancée hier soir sur les réseaux sociaux par les hommes d’affaires que la loi de réconciliation nationale vise au premier chef,  rencontre déjà un franc succès chez les internautes tunisiens.

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