Les vives tensions que vit actuellement la ville de Kasserine ne cessent d’alimenter les spéculations sur les instigateurs et les causes « cachées » de la tournure dramatique des confrontations qui s’en sont suivies.

Notre équipe a voulu lever le mystère sur cet embrasement en allant mener l’enquête avec les forces de l’ordre à Kasserine où nous avons pu constater l’ampleur des confrontations de la veille.

« Tout a commencé avec quelques rassemblements de jeunes au centre-ville. Pensant que c’était un simple lynchage, nous avons laissé faire. » Nous a confié le chef de police de Kasserine, avant de poursuivre « Le rassemblement s’est très vite transformé en une manifestation avec des pancartes et des slogans scandés entrecoupés d’acouphènes et c’est là qu’on a sorti nos outils de dialogue : les matraques et les lacrymos de routine. »

Les policiers, soucieux d’écouter les préoccupations des citoyens, essayent de déchiffrer les revendications de la foule pour pouvoir estimer le type de matraques à sortir. « Leurs vociférations étaient incompréhensibles, on entendait « جيبولنا زينة الڨصرينية » alors qu’ils scandaient « شغل حرية كرامة وطنية », ils criaient dans des haut-parleurs datant des années 30, croyez-moi c’est très agaçant. Nous avons lancé quelques bombes lacrymogènes pour détendre l’atmosphère et procéder à des arrestations. Et c’est là que ça a dégénéré.. »  Se souvient, amer, le sergent Chalbouq qui porte encore des boules Quies dans ses oreilles endommagées par l’acoustique de la journée d’hier.

Les manifestants ont, par ailleurs, menacé d’utiliser des amplificateurs de son au cas où leurs revendications ne seraient pas entendues ce qui a incité le gouvernement à promettre la création de 5000 emplois dans la région afin d’arrêter ce qu’il a qualifié de « terrorisme sonore ».

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