Justice: incarcération de la coiffeuse de Souad Abderrahim

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C’est ce matin à l’aube que les brigades de la Police Judiciaire ont fait une descente au domicile de Fatma Prestige la coiffeuse de Souad Abderrahim, la toute nouvelle mairesse de Tunis. Agissant sous couvert d’un mandat d’amener promulgué par le procureur de la république les officiers de la PJ après avoir lu ses droits à la prévenue ont décidé de l’incarcérer comme prévu par le code pénal tunisien.

Mais que reproche-t-on exactement à l’esthéticienne de renom qui s’était jusque-là fait connaitre par ses coiffures originales, ses mises en plis révolutionnaires et ses manucures avant-gardistes ?

La dernière sortie de Souad Abderrahim ne serait apparemment pas étrangère à ce tourbillon judiciaire dans lequel s’est vue aspirée bien malgré elle la coiffeuse de la cité beylicale. En effet la teinture de Souad Abderrahim, à mi-chemin entre la couleur de diarrhée post-choléra et celle d’un rouge gorge cancéreux a défrayé la chronique sur les réseaux sociaux, mais pas seulement. Certaines associations féministes, se sont portées partie civile dans cette affaire et ont décidé de porter plainte contre ce qu’elles considèrent comme une atteinte sans précédent au statut de la femme tunisienne et aux règles les plus basiques du bon goût et de l’esthétique.

Nous avons eu accès au dossier Judiciaire et les chefs d’accusation ne sont pas des moindres : viol en réunion du bon goût, attentat capillaire, crime contre l’humanité. Si ces accusations étaient avérées madame prestige risquerait bien de passer un bon petit moment à l’ombre.

Cette affaire vient au mauvais moment pour Souad Abderrahim qui était pressentie pour devenir la future égérie de la marque espagnole Desigual que le style original et avant-gardiste de la mairesse avait fortement séduit. Selon le porte-parole de la marque : « Après avoir fait défiler des obèses et des naines on comptait faire défiler des moches mal coiffées pour se rapprocher encore plus de notre clientèle ». Il parait aujourd’hui évident que cette collaboration est fortement remise en question.

L’affaire est aujourd’hui entre les mains de la justice, et pourrait provoquer une jurisprudence qui risquerait de totalement remettre en cause le paysage capillaire tunisien.

La Rédaction

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