Nouveau coup dur pour les forces de la police. Hier, vers 23h, des affrontements ont éclaté entre un groupe de chiens errants et la brigade d’intervention mobile de Hay Ezzayatine. De véritables scènes de guérillas urbaines selon certains témoins. Une bataille qui s’est achevée aux premières lueurs du jour. Bilan: un mort du côté des policiers et trois chiens grièvement blessés.

Dans un communiqué paru ce matin, le ministère de l’intérieur insiste sur l’importance pour les citoyens de ne plus collaborer avec les chiens errants. En effet, certains habitants du quartier se seraient rangés du côté des bêtes n’hésitant pas à leur apporter du lait pour se protéger contre les bombes lacrymogènes et leur proposer refuge lorsqu’ils étaient poursuivis par des policiers, ce qui a considérablement compliqué le travail des forces de l’ordre.

La police a procédé à l’arrestation de 37 chiens. Madame Imen Trigui, présidente de l’association « horeyya w insaf » ( liberté et équité), a d’ores et déjà exprimé son intention de défendre les droits de ces bêtes qu’elle juge « innocentes et inoffensives ». Selon ses propos rapportés par la TAP, la jeune avocate assure que les trois chiens blessés ont été « intentionnellement laissés sur la chaussée » et seraient actuellement « en train d’agoniser » puisque personne ne leur a porté secours.

Devant la gravité de la situation, Mr Ben Jeddou a organisé une conférence de presse express dans le but de rassurer les citoyens, pas encore remis du traumatisme causé par les actes terroristes. Le ministre de l’intérieur a qualifié les éventements de J’bal Lahmer de « faits isolés » et a nié l’hypothèse d’une organisation terroriste canine à caractère idéologique. Mr Ben Jeddou a conclu sa rencontre avec les journalistes en accusant certains « atraf » d’instrumentaliser les bêtes errantes.

De son coté, le syndicat des chiens domestiques a organisé ce matin une marche silencieuse à la mémoire de « ses martyrs » selon M. Ben Kalb, porte-parole de l’organisation syndicale qui hausse le ton face au ministère de l’intérieur: « El bouliceya kleb, ils peuvent nous prendre tous nos droits, mais ils n’auront jamais notre liberté d’aboyer, seul vrai acquis de la révolution. »

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