Tunis – Le matin du 29 novembre, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a saisi en référé le TGI de Tunis par l’intermédiaire de son représentant légal, Maître Rebah Belkadhi. Le recours en question a pour objet la fermeture immédiate et sans conditions du site satirique LerPesse « en raison du péril imminent qu’il représente pour l’industrie des médias. »

 

Serein comme à son habitude, Maître Belkadhi déclare : « Ce site de la honte s’érige en obstacle majeur sur la route de l’excellence empruntée par nos médias depuis la sainte révolution. Au tout début, l’ensemble de la profession a exulté à la découverte de ce journal manifestement bien renseigné. La perspective de reprendre tel quel les nouvelles de ce site en un seul clic enchantait les chefs de rédaction de tous bords. Ce n’est qu’à la suite de la funeste affaire de l’article de Tunisair, que tout le monde se rendit compte de la supercherie. Vous ne pouvez même pas imaginer l’ampleur de la désillusion qui a gagné une communauté de journalistes tombée de haut. [Une communauté] beaucoup trop honnête pour voir le piège. »

 

Droit dans ses bottes, l’avocat surenchérit : « C’est dans ce contexte de consternation extrême que le SNJT m’a immédiatement mandaté afin de défendre ses intérêts et œuvrer pour tuer dans l’œuf toute velléité de nuisance entreprise par ce site malveillant. […] Il est inadmissible qu’on tolère une pareille atteinte à l’inaliénable droit du journaliste au copier/coller. Imaginez-vous bien qu’aujourd’hui, le quatrième pouvoir est tellement fragilisé, que la fine fleur du journalisme national se met désormais à vérifier l’authenticité des nouvelles qu’elle copiait hier encore avec l’insouciance qui a fait sa gloire ! Qui l’eut cru ! »

 

Ne mâchant pas ses mots, la star du barreau considère Lerpesse.com comme un « cheval de Troie qu’il faudra annihiler avant qu’il ne réussisse à pourrir le journalisme national de l’intérieur». De ce fait, il est du devoir de tout un chacun de dénoncer les méfaits de ce qu’il a qualifié de « loup dans la bergerie ». Pour conclure, il avertit: « Si l’on n’agit pas avec la diligence nécessaire, il ne faudra pas s’étonner de voir le citoyen Lamba y prêter de l’attention, voire même s’y intéresser. »

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