France : 227 ans après la révolution, la désillusion persiste

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Il y a tout juste deux cent vingt-sept ans, le Roi Français Louis XVI et sa femme Marie Antoinette ont été guillotinés. Depuis, la France, pays touristique du nord de la méditerranée s’est doté d’une nouvelle constitution, vit sous un régime républicain et des élections libres s’y sont tenues. Mais la France a aussi été frappée par les restaurations, les conflits ethniques, la collaboration, le chômage, l’insécurité et Francis Lalane. Deux cent vingt-sept ans après la révolution, les défis à relever restent nombreux. Bilan avec notre correspondant à Vizille, berceau de la Révolution des Bouseux.

Une ville fantôme

Notre reportage à Vizille tourne court, les rues arpentées semblent porter les stigmates d’une révolution inachevée : des rues désertes, des commerces fermés et des seniors qui nous lancent des « Casse-toi sale arabe! » symptomatiques d’une France qui ne croit plus en les valeurs d’une Révolution qui n’a ramené que du chômage et des migrants. Nous décidons donc de partir à Paris.

« Paris, centre du pouvoir! »

« Ici y a pas d’avenir, faut partir en Syrie cousin! » Ce sont là les paroles innocentes de Rolland, jeune français de confession musulmane que nous avons rencontré à l’entrée de Paris lorsque nous étions bloqués sur le périphérique par des barricades montées par des grévistes comme un peu partout dans la capitale. Ce même Rolland nous explique que les choses n’ont pas beaucoup changé depuis 1789. « La noblesse et l’église sont toujours au pouvoir, seuls les noms ont changé. Ils ont même construit une église (NDLR: le Sacré Cœur) pour commémorer les évènements de la Commune. Les sans-culotte n’ont jamais autant galéré. » Un constat amer face au népotisme, la corruption et à la déliquescence de l’État qui n’hésite pas à vendre quelques porte-avions de contrebande à la sauvette aux hommes d’affaires saoudiens.

Martyrs et blessés de la Révolution: la sourde oreille de la République depuis trois siècles

Pour aborder le  sujet épineux de la prise en charge des martyrs et blessés de la Révolution, nous avons décidé de nous entretenir avec Bernard Henri Lévy, philosophe des Révolutions et conseiller du Gouvernement français dans tous les domaines. Sa réponse est sans équivoque « C’est 50 000 euros pour faire l’interview. »  Autant dire que le dossier est dans l’impasse.

« Je préfère mourir pour le Roi de France.. »

Partout où nous marchons, on dirait que la ville-lumière nous crie, par ses murs et ses pierres prolixes bien que muettes, les vestiges d’une ambiance passée et révolue. Des dizaines de bars se suivent, ils sont tous fermés. On pourrait presque entendre l’entrechoquement des chopes, et les râteaux infligés par des zouz -décidément récalcitrantes- aux dragueurs du samedi soir qui, comme de tous temps, compensent par la hardiesse ce qui leur manque en talent.

Ça et là, des groupes royalistes, contre lesquels notre guide (désigné par le gouvernement) nous a mis en garde, ont taggé des portraits du Roi Soleil. Comme pour narguer la République, les jeunes se replient sur des modèles dans lesquels ils voient une certaine transcendance, quelque chose de respectable. Aux toilettes du Musée de la Croissance, débarrassés de notre guide, un jeune nous confie même, sous couvert de l’anonymat : « Je préfère mourir pour le Roi de France, au moins ça a de la gueule! ».

Une jeunesse qui perd espoir au fur et à mesure des décisions autistes et belliqueuses d’un gouvernement qui peine à sortir le pays du gouffre du sectarisme et du repli identitaire.

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