A l’instar de la finale de l’Euro 2016 qui a divisé les Tunisiens entre les pro et les anti équipe de France, la finale de la coupe de Malaisie de badminton, prévue samedi prochain, risque d’affoler la toile de la patrie des 11 millions de spectateurs…

Sport jusque-là inconnu chez nous, le badminton (ou « tennis chinois » comme il est appelé ici) a commencé à déchaîner les passions chez nos compatriotes depuis que deux habitués d’un café à Kairouan ont appris par erreur (un récepteur satellite coincé sur la deuxième chaîne régionale malaisienne) l’existence d’une compétition impliquant deux clubs rivaux à l’autre bout de la planète.

En effet, les supporteurs Tunisiens du Royal Badminton Club de Kuala Lumpur (premier finaliste) invoquent son passé prestigieux et la similitude des couleurs de son maillot avec le drapeau palestinien comme le dit sur Facebook Mohsen Kwala (paje ofissiel) : « Nous avons remporté les 5 derniers championnats qu’avec des joueurs musulmans formés au club et, samedi, on va botter le cul à ces chatons arrivistes chinois. » Faisant référence à la jeune équipe cosmopolite des Tigers de Putrajaya, futurs adversaires du RBCKL en finale de la coupe.

Le club de Putrajaya, nouvelle capitale politique de la Malaisie, compte de fervents admirateurs regroupés au sein du « Virage Nord-Ouest derrière le café de la gare juillet 2016 » dont le président, Nawfel Jet Li Malaisiano, ne mâche pas ses mots pour parler des adversaires de son nouveau club de cœur : « Les bourgeois de Kuala Lumpur sont connus pour être les orphelins de la colonisation britannique et nous les détestons depuis que nous avons choisi ce sport, avant-hier. En plus, Putrajaya est une ville voisine ! » La ville n’étant effectivement distante que de 8765km des côtes tunisiennes soit 75km de moins que Kuala Lumpur.

Connaîtrons-nous une finale aussi sanglante que celle de l’Euro ou est-ce que la rediffusion du best of d’Awled Moufida au même moment que le match calmera l’ardeur de cette rivalité naissante ? Seules les télécommandes des gérants de café nous le diront.

La Rédaction

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