Crise des migrants – La Marsa ferme ses frontières avec La Soukra

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L’histoire commence en 2002 dans une salle de billard de La Marsa avec deux cousins, retraités et amateurs de belote, Naoufel Saheb El Khabiya et Souheil kâa El Khabiya.

« On avait pris l’habitude d’appeler le quartier « la principauté ». On a juste développé un peu plus l’idée », racontent-ils.

L’idée ? Stopper l’avancée des migrants tunisiens du coté de La Soukra dans un premier temps, avant de fermer complètement la frontière entre les deux territoires en 2020. En effet, des milliers de migrants, principalement des hommes, fuient la guerre contre les cheveux cassants de leurs femmes et la rareté des plages dans la partie ouest de la capitale.

Comme en Europe, où l’appellation de « migrants » a fait place à celle de« réfugiés », les Tunisiens en partance vers La Marsa se sont tout à coup vus qualifiés de « migrants »  et non plus de « jboura »

La distinction physique étant difficile à faire entre les envahisseurs et la population locale, on a abandonné la pratique des tests ADN au niveau de la frontière pour celle d’une fouille minutieuse visant à établir la légitimité des candidats à l’asile par la recherche chez eux de certains éléments purement marsois. La liste de ces caractéristiques a été établie et nous avons obtenu l’exclusivité de sa diffusion. Il s’agit de :

– Lapresse magazine (avec la grille de mots fléchés remplie)

– Lapresse quotidien (avec deux annonces de terrains à vendre entourées au stylo)

– Une bague chevalière et une gourmette

– Une balgha blanche (babouche)

– Les clés de la voiture de l’épouse

Des circuits d’immigration clandestine ont récemment vu le jour. Celui qui part de Bizerte et qui passe par Tunis TGM puis La Goulette reste l’itinéraire le le plus utilisé par les réfugiés tunisiens.

« Ils sont fatigués ; certains n’ont rien mangé depuis des jours car ils ont laissé de l’argent de coté pour pouvoir boire une bière au Plaza », nous confie Louay bakhtou kbir, président de l’association Tounes pleure inchallah lé sou lé saw.

La position du gouvernement tunisien est ambiguë. En effet, Habib Essid a exprimé plusieurs fois son souhait de voir La Kasbah être annexée à La Marsa. Malheureusement pour lui, le gouvernement se retrouve géographiquement contraint à rester dehors. Des rumeurs circulent déjà quant à une commande, provenant de la Kasbah, de gourmettes et de babouches. Selon nos sources, Lotfi Ben Sassi distribuera personnellement aux membres du gouvernement des numéros de Lapresse magazine avec les grilles de mots fléchés pré-remplies.

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