Tunis – Un homme d’une vingtaine d’années a été retrouvé mort dans son appartement de Bab Saadoune tard dans la nuit d’hier. Le cadavre a été découvert par la gardienne de l’immeuble qui n’en revient toujours pas: « comme chaque mercredi, je suis venue lui offrir un café turque. J’ai frappé à la porte à maintes reprises puis je me suis permis d’entrer car la clé était dans la serrure… » Visiblement choquée, la veille dame n’arrive pas à retenir ses larmes, puis ajoute: « vous rendez vous compte? Sa tête était enfoncée dans la télévision! »

 

En arrivant sur les lieux du drame, le commissaire en chef Mr Aman Allah El Hanchéwi et son équipe découvrent l’effroyable scène. « Il s’agit du troisième cas que nous rencontrons en deux jours, cela commence à être inquiétant d’autant plus que les victimes ont le même profil. » nous confie t-il. « Il n’y a aucune trace de violence sur les cadavres, la piste de l’homicide est à écarter. Comme pour les deux autres cas, la victime a succombé à une crise d’overdose d’informations concernant la journée du 14 janvier 2011. » affirme le commissaire.

 

 

Contacté par notre équipe, Mr Habib Halwssa, expert en psychiatrie nous apporte quelques éclaircissements: « Les premières crises de ce genre ont été observées aux Etats Unis après les événements tragiques du 11 septembre 2001. Des individus cherchant à rassembler les pièces du puzzle afin de mieux appréhender la vérité s’impliquent de façon exagérée et finissent par recevoir un flux beaucoup trop important d’informations, ce qui déclenche immédiatement une crise. »

 

Les trois victimes sont de jeunes universitaires très engagés dans la société civile. Ils suivaient l’actualité tunisienne de près à travers les réseaux sociaux, les chaines de télévision et les radios. Selon les premiers éléments de l’enquête, T.B, dernière victime, regardait en simultané trois émissions qui avaient pour sujet la journée du 14 janvier et le départ de Ben Ali (après avoir passé la journée à écouter la radio et lire des articles traitant du même sujet).

 

Malgré l’attention portée par les médias au sujet et la quantité impressionnante de programmes tv et radios dédiés à cette fameuse journée, le jeune homme ne comprenait toujours pas ce qui était arrivé le 14 janvier 2011. Peu à peu, il a commencé à prendre conscience que les médias embrouillaient ses idées et l’empêchaient d’avoir un avis clair. Tout transpirant, le souffle court, il éteint sa télévision.

 

Sa crise a commencé lorsqu’il a allumé son ordinateur et découvert le dernier statut de Kaïs Maalej:

اليوم تقدمت بشكوى للمحكمة الجنائية الدولية بخصوص اغتيال الرئيس السابق زين العابدين بن علي يوم 14 جانفي 2011 في قصر قرطاج و عدم هروبه للمملكة العربية السعودية
والسلام
قيس المعالج

 kais

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