C’est l’histoire de Hichem L., un jeune Tunisien de 28 ans (ayant préféré garder l’anonymat) qui avait la noble ambition de quitter son pays natal muni simplement d’un sac à dos et de quelques mines anti-personnel, offertes par son père pour son 10ème anniversaire, et de s’engager comme agent de police islamique à Daech, la start-up qui explose en ce moment quelque part en Irak.

L’aventure de Hichem va rapidement tourner au cauchemar. Dès les premiers entretiens, on le questionne longuement sur ses origines, son parcours scolaire et même son orientation sexuelle.

« J’ai tout de suite vu que je n’aurai pas le job à cause de mes origines et au fait que je sois diplômé d’école primaire ! Il est vrai que l’entreprise compte déjà énormément de tunisiens et que le fait de savoir lire et écrire n’est pas très bien vu pour ce genre de postes mais ce n’était pas une raison pour me faire un toucher rectal à chaque entretien, » raconte le jeune homme encore sous le coup de la déception.

L’ONU avait déjà adressé un avertissement à Daech concernant ses méthodes de recrutement « basées sur un favoritisme évident et une discrimination envers quelques nationalités et minorités ».

En effet, le rapport de l’ONU recense, entre autres, le refus de 14 candidatures américaines pour le poste de kamikaze-adjoint pour « obésité excessive », de 36 libyens pour le poste de chef de la logistique pour «  raisons évidentes » ou le recrutement systématique de syriennes pour les postes de sous-directeur, Calif-girl ou animatrice de soirée au détriment des filles venant des autres contrées arabes ce qui dénote une discrimination certaine sur le plan physique lors des longs processus d’embauche.

« Tous nos candidats savent que le seul critère d’embauche chez nous c’est la maîtrise de la langue anglaise, condition nécessaire pour pouvoir communiquer avec nos clients et formateurs américains. Nos recrutements se font sans aucune distinction de race, de religion ou de sexe puisque nous recutons églement des attardés pour les réinserer dans la société les jours de marché, » se défend Wassel Abu Aktef, DRH de Daech qui a voulu couper court aux accusations de l’ONU à ce sujet.

Pendant ce temps-là, Hichem, notre jeune tunisien, est retourné chez lui avec le goût amer de l’échec et de l’incontinence pour reprendre la LPR, affaire familiale dont son père fut un des fondateurs.

Affaire à suivre.

 

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