Familles des victimes de la révolution, députés de l’ANC, politiciens, journalistes et autres curieux se sont donnés rendez-vous ce matin à l’Aéroport de Tunis Carthage. Tout ce beau monde est venu accueillir Lazher El Baklouti, de retour du Qatar où il a été transformé en cyborg.

« Le budget alloué aux familles des victimes de la révolution était pour le moins que l’on puisse dire, restreint » nous explique Mme Yamina Zoghlami, députée Ennahdha à l’ANC en charge du dossier, présente à l’aeroport. « Nous avions le choix entre offrir des soins sporadiques à une centaine de jeunes blessés ou concentrer tous nos efforts sur un seul et unique bénéficiaire. Nous avons opté pour le second choix, beaucoup moins contraignant. » conclut-elle fièrement.

Quand Lazher El Baklouti apparaît devant la foule, un silence gênant envahit l’endroit. Âgé de 24 ans, ce jeune originaire de Kasserine, a été touché par 7 balles dans le dos, la nuit du 10 au 11 janvier 2011. Le rapport balistique établi par le ministère de l’intérieur affirme que toutes les balles retrouvées dans le corps de Lazher provenaient d’armes chargées à blanc. Tous les policiers suspectés ont été jugés innocents.

Accompagné par le docteur Talal Fajr,  le chirurgien qatari qui s’est occupé de sa transformation, le jeune blessé est méconnaissable. Un robot humanoïde ou un humain robotique? Difficile de se prononcer. « D’abord, nous avons commencé par lui rajouter un puissant ordinateur qui booste ses capacités cognitives. Nous lui avons ensuite installé de mini mitrailleurs au niveau des bras, des propulseurs sous les pieds, une coque en kevlar qui recouvre l’ensemble de son corps, bref, nous lui avons offert une nouvelle vie à ce petit. » explique le docteur devant les micros des journalistes et les bruits des flashs.

A la sortie de l’aéroport, un correspondant d’Al Jazeera nous apporte un avis éclairé: « l’opération a été financée à 100% par les abonnés de la chaîne Al Jazeera. En suivant le soulèvement populaire de 2010/2011 en Tunisie, les qataris se sont crus dans un film de science fiction. Un vrai divertissement! Cependant, ils n’ont pas apprécié le spectacle tant les forces étaient déséquilibrées: la police avait des armes à feu, les citoyens que leur bonne volonté. Avec la création de « Robolazher », les qataris espèrent que lors des prochains affrontements, les chances seront plus égales. »

Avant de quitter les lieux, nous avons recueilli ce témoignage de Lazher El Baklouti alias Robolazher: « 0110010111011101010100101101010101000111 ».

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