Al Qaïda/Daech : Quelle organisation est mieux adaptée à votre plan de carrière?

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Dans un marché global en crise où la recherche d’emploi durable pour un jeune s’apparente plus à un parcours du combattant, il est important de bien connaître les entreprises qui embauchent et de bien cerner les domaines d’activités à cibler.

Dans cette optique, l’équipe Lerpesse a mené son enquête au sein des deux multinationales les plus actives sur le marché du travail, à savoir Al Qaïda et Daech, leurs concurrents étant en perte de vitesse ou exerçant une discrimination à l’embauche ( OAS, ETA, FLNC, FARC, ABBA,..).

Voici l’analyse comparative de nos deux protagonistes:

L’histoire/Réputation :

Quand on parle terrorisme international, la marque Al Qaïda se distingue par son ancienneté dans le domaine ( présente depuis 1979 sur le marché Afghan) avec un savoir-faire reconnu de ses partenaires au Moyen Orient, au Maghreb, en Afrique australe, en Europe et même aux Etats Unis qui restent parmi les premiers contributeurs et bénéficiaires des services du groupe même après la mort par noyade du CEO en 2011.

Né en 2004, Daech n’a pas tardé à rafler les parts de marché de son illustre prédécesseur n’hésitant pas à diversifier les activités et à les étendre à tous les pays de la planète à une vitesse phénoménale la faisant passer de petit poucet à numéro 1 d’un marché qui explose. Ce boom n’affecte pas cependant le statut de pionniers d’Al Qaïda qui jouit d’une affection particulière chez les fournisseurs. Appartenir à cette enseigne pourrait considérablement booster votre carrière.

Al Qaïda 1 Daech 0

Recrutement et conditions de travail:

Forte de plus de 2000 employés répartis principalement entre l’Afrique et l’Asie, Al Qaïda Holding  a toujours opté pour un mode de fonctionnement très hiérarchisé se basant sur le respect d’une procédure très coûteuse (détournements d’avions, voitures piégées,..) et une communication « old school » (prêches enflammées, slogans vieux de 1400 ans, Al Jazeera,..) n’attirant pas les jeunes demandeurs d’emploi. La récente restructuration du groupe a permis de moderniser les modes de recrutement mais il reste loin derrière ceux utilisés par Daech qui assume pleinement son rôle de startup du futur avec ses vidéos de décapitations en HD,  ses campagnes publicitaires filmées par des drones ou en contre-plongée et ses équipes de chasseurs de têtes sur internet (Facebook, Clash of Clans, YouPorn,..) qui lui assurent un leadership auprès des 15-25 ans. La grande marge des manœuvres accordée aux 22000 daechiens à travers le monde leur garantit, en plus de leur grande réactivité, un net avantage au niveau des conditions de travail.

Les taux de suicides étant sensiblement les mêmes dans les deux groupes, Daech semble remporter cette bataille des ressources humaines.

Al Qaïda 0 Daech 1

Rémunération et perspectives d’avenir

L’harmonisation des rémunérations effectuée il y a 1400 ans, a fait que nos deux entreprises proposent sensiblement le même package à toutes leurs recrues : armement, partouzes dans le désert avec une retraite de 72 vierges (encaissables après atteinte des objectifs et pouvant être remplacées, chez Al Qaïda, par des postes aux gouvernements tunisiens et algériens ou une allocation logement à Londres ou Molenbeek) et le statut de martyr comme pot de départ.

Ces avantages peuvent être agrémentés, chez Daech, par quelques promotions à des postes administratifs importants donnant accès  à des salaires conséquents et des possibilités de relocalisation dans plus de 121 pays à travers le monde pour travailler comme consultant indépendant ou « loup solitaire » selon le jargon du métier.

Cette option reste peu exploitée par Al Qaïda à cause de ses freins bureaucratiques et sa faible implantation dans les destinations prisées par ses expats potentiels ce qui a notamment facilité l’OPA réalisée par Daech sur Boko Haram au Nigéria au nez et à la barbe des meilleurs négociateurs d’Al Qaïda.

Daech prend clairement le dessus par ses incitations avant-gardistes et son anticipation.

Al Qaïda 0 Daech 1

Verdict:  Al Qaïda 1 Daech 2

« Rien n’arrête le progrès » C’est ce qui semble ressortir de cette comparaison qui montre que même dans un domaine aussi ancien que le terrorisme, l’avenir appartient aux entrepreneurs qui s’adaptent aux nouvelles technologies et aux exigences du 21ème siècle.

Al Baghdadi, jeune et ambitieux PDG de Daech a compris cette nouvelle donne et a su mettre à profit son expérience acquise dans le domaine public au sein de l’armée irakienne pour faire de sa startup le nouveau joyau du terrorisme international.

La rédaction

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