Affaire « On a mangé pour vous – Marwen » : le tribunal condamne le groupe à trois jours de lablabi chez Abou Ahmed

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Matinée du mercredi 12 février: le blogueur culinaire Marwen Ben Messaoud, véritable symbole de la liberté d'expression, à l'entrée du tribunal.

C’est un Fathi Laayouni effondré qui est apparu devant le tribunal de Tunis, ce mercredi 12 février. Le juge a en effet rendu son verdict dans l’affaire qui a opposé le groupe Facebook « On a mangé pour vous » au célèbre activiste culinaire Marwen. Et la sentence est sans appel : Les admins du groupe devront manger des lablabis durant trois jours chez le célèbre gargotier « Abou Ahmed ».

Fedya, une des admins, sort de la salle en pleurs : « C’est affreux, on veut nous faire manger un truc avec de l’harissa ! Vous imaginez ?! Pourquoi pas un fricassé pendant qu’ils y sont ?! » Fatma, sa collègue, renchérit : « Le bol coute 2DT, comment je fais pour payer ce prix avec des billets de 50DT ? »

Petit rappel des faits, hier, Marwen avait publié un statut sur le fameux groupe pour dénoncer certains profils pullulant dans ce groupe. Le statut en question a récolté plus de 1 000 likes en moins d’un jour. Sauf qu’une des gérantes de groupe, ignorant les accords de Genève, d’Oslo et de Douar Hicher, a décidé de le supprimer, et d’affirmer aux yeux de tous que les droits de l’homme s’arrêtaient lorsque commençait le droit de bouffer cher. Mal lui en a pris car des internautes se sont saisis de l’affaire et l’ont porté devant les tribunaux réclamant dommages et tickets réstos pour le jeune activiste, qui n’a demandé qu’à dénoncer les injustices du monde de la bouffe.

Marwen, justement, nous a confié à la sortie du procès, visiblement heureux et soulagé : « Pfiou, enfin ! J’ai passé une journée affreuse ! Entre les notifications Facebook et les sms. Dès que je fermais les yeux, je voyais un cheese cake de chez Beya qui me hantait. Au début, quand on m’a viré du groupe, j’ai vraiment flippé de ne plus trouver où manger, puis je me suis dit que ce sacrifice en valait la peine. Heureusement que tout ceci est derrière moi. Je ne mangerais plus que des chapatis, mais je les mangerai fièrement. »

Cette affaire nous aura montré que, quoi qu’on en dise, notre justice sait être impartiale et juste quand il s’agit de sauver de jeunes gens contre de grandes multinationales. Merci Mehdi Jomaa !

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