L’administration tunisienne considérée comme le talon d’Achille de la Tunisie, tarde à se réformer. En effet minée par une bureaucratie lourde et des effectifs pléthoriques, elle représente souvent un frein au développement du pays et à une activité économique prospère et en ligne avec les ambitions affichées par le gouvernement.

Cependant certains indicateurs ne peuvent que nous rendre fiers et pleins d’espoir pour la suite et l’avenir de l’administration tunisienne. En effet suite aux différentes plaintes du comité de direction de l’Espérance Sportive de Tunis concernant les procédures de corruption des arbitres du championnat tunisien de Ligue 1, la présidence du gouvernement a décidé de simplifier les choses afin de fluidifier le processus et de permettre ainsi au doyen des clubs tunisiens d’acheter les arbitres des matchs en toute tranquillité et en toute transparence.

Ainsi un simple email envoyé à la ligue professionnelle de football, indiquant le jour de la rencontre, le nombre de penaltys désirés, le moment où ces penaltys devront être sifflés sera désormais suffisant. Finis les copies légalisées des statuts du club, les copies conformes et autres acte de naissance (en arabe et en français). De plus le montant versé à l’arbitre pour chaque rencontre sera désormais discuté de façon annuelle au sein d’une commission pluridisciplinaire constituée de membres du ministère du commerce, fédération, ligue professionnelle, BCT, douane, et bien sur des représentants des cellules de supporters. Sachant qu’une partie du paiement se fait en produits laitiers, les membres de la chambre nationale des professionnels du yaourt devraient avoir leur mot à dire sachant que vu les montants des transactions un risque de rupture des produits laitiers sur le marché tunisien est for plausible. Ainsi, il a été décidé d’effectuer un paiement en tranches afin de sauvegarder les stocks de yaourt sur le marché tunisien et préserver l’alimentation des plus petits pour qui ce produit est, comme tout le monde le sait, vital.

Des bruits de couloir au sein de la fédération font aussi état de réformes encore plus ambitieuses. En effet, la Tunisie se prépare à entamer la première expérience au monde de corruption participative. Dans quelques mois mêmes les supporters pourront acheter les arbitres des rencontres par un simple SMS en envoyant #pilanty à un numéro surtaxé (3DT + prix du sms). L’argent collecté permettra d’augmenter la rémunération des arbitres et ainsi déclencher ce cercle vertueux de win-win si cher à nos experts économiques et à leur tête Moez Joudi.

Voilà de quoi mettre du baume au cœur aux Tunisiens par ces moments de grisaille (dans le ciel et dans les cœurs) et espérer que la loi de change des devises permette d’élargir cette réforme à l’achat des arbitres pour la coupe d’Afrique qui reste le gros point noir pour l’EST faute de ressources en devises nécessaires.

La Rédaction

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